Les différences entre commissaire de justice, huissier, commissaire-priseur : qui fait quoi ?

 

Depuis le 1er juillet 2022, une nouvelle profession est née : le commissaire de justice. Cette réforme a profondément restructuré le paysage juridique français en fusionnant deux métiers historiques. Résultat : des appellations qui prêtent parfois à confusion. Voici ce qu'il faut savoir pour s'y retrouver.

Une réforme qui change tout

Pendant des décennies, deux professions coexistaient dans le monde judiciaire français : l'huissier de justice et le commissaire-priseur judiciaire. Chacun disposait de compétences bien définies, encadrées par la loi.

Tout a changé avec l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016, qui a acté leur fusion en une seule et même profession : le commissaire de justice. Effective depuis le 1er juillet 2022, cette nouvelle profession regroupe l'ensemble des attributions autrefois réparties entre ces deux acteurs du droit.

L'huissier de justice : un rôle centré sur l'exécution et la preuve

L'huissier de justice était un officier ministériel nommé par le garde des Sceaux et assermenté devant le tribunal judiciaire. Sa mission principale : faire respecter les décisions de justice et les obligations légales, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises.

Deux domaines lui étaient réservés par la loi :

L'exécution judiciaire : mettre en œuvre concrètement ce qu'ordonne la justice ou un titre exécutoire (saisie sur salaire, expulsion, etc.).

La signification d'actes : notifier officiellement des documents juridiques, une convocation devant un tribunal, un congé de bail commercial, une assignation.

Au-delà de ces missions obligatoires, l'huissier intervenait aussi pour établir des procès-verbaux de constat (dégât des eaux, trouble de voisinage, litige de chantier…), assurer le recouvrement de créances à l'amiable ou en justice, rédiger des actes sous seing privé, ou encore apporter un conseil juridique de proximité.

À partir de 2026, la dénomination "huissier de justice" disparaîtra définitivement. Tous les professionnels qui exercent ces missions seront désignés comme commissaires de justice.

Le commissaire-priseur judiciaire : spécialiste des ventes aux enchères

Nommé au sein d'un office et placé sous l'autorité du procureur de la République, le commissaire-priseur judiciaire avait un rôle bien spécifique : organiser et conduire les ventes publiques aux enchères prescrites par la loi ou ordonnées par un tribunal.

Il faut distinguer deux catégories :

Le commissaire-priseur judiciaire : il gère les ventes aux enchères décidées en contexte de liquidation judiciaire, de faillite ou de saisie.

Le commissaire-priseur (sans qualificatif) : il organise des ventes volontaires d'objets mobiliers pour le compte de particuliers.

Comme pour les huissiers, cette profession est appelée à disparaître en 2026. Les professionnels qui n'auront pas suivi la formation passerelle permettant d'obtenir la qualification de commissaire de justice ne pourront plus exercer à cette date.

Le commissaire de justice : une profession unique aux compétences élargies

Depuis le 1er juillet 2022, le commissaire de justice est l'officier public et ministériel qui incarne la fusion de ces deux métiers. Il intervient dans le ressort de la cour d'appel où est situé son office.

La Chambre Nationale des Commissaires de Justice (CNCJ) le définit comme le "garant de l'exécution judiciaire, spécialiste de la preuve et juriste de proximité".

Ses missions couvrent un spectre très large :

Signification d'actes judiciaires et extrajudiciaires, mise en application des décisions de justice, établissement de constats (état des lieux, sinistre, dommages, numérique…), recouvrement amiable et judiciaire de créances, mesures conservatoires, organisation de ventes aux enchères judiciaires ou volontaires, réalisation d'inventaires et de prisées (estimation d'objets mobiliers), rédaction d'actes sous seing privé, conseil et information juridiques, médiation judiciaire et conventionnelle, administration d'immeubles (syndic, gestion locative), intermédiation en tant que mandataire d'assurance.

Quelle différence concrète avec l'huissier ?

Sur le fond, aucune. Le commissaire de justice reprend exactement les missions de l'huissier de justice et y ajoute celles du commissaire-priseur judiciaire. Il ne s'agit pas d'un nouveau métier aux règles inédites, mais d'une profession élargie, rationalisée et renommée.

Pour un particulier ou une entreprise, cela signifie qu'un seul interlocuteur peut désormais prendre en charge des démarches autrefois réparties entre deux professionnels différents.

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La réforme de 2022 simplifie le recours aux professionnels du droit. Qu'il s'agisse de recouvrer une créance, de faire constater un sinistre, d'organiser une vente aux enchères ou d'obtenir l'exécution d'un jugement, le commissaire de justice est votre interlocuteur unique.

 

À propos

Les offices du Groupe H2O, à BordeauxChatouLilleMassy et Nice, regroupent des commissaires de justice compétents pour vous accompagner sur l'ensemble de ces missions, partout en France.

Vous avez un dossier à confier ? Loyers impayés, recouvrement, constat, vente aux enchères : nos commissaires de justice prennent en charge votre situation et vous orientent vers la solution la plus adaptée.

 

Pascal Pesin